Publié le 14 juin, 2021

Le littoral ivoirien, long de plus de 500 kilomètres, subit l’érosion côtière, les inondations, les tsunamis, l’élévation du niveau de la mer… Et, il est établi que ces assauts sont aggravés par l’action de l’homme. Cette année les pouvoirs publics ont saisi l’occasion de la semaine de l’environnement pour interpeller, mais également révéler ce qui est fait pour protéger cette partie de l’Océan atlantique.

Samedi 5 juin 2021. 8 heures. Vridi Canal. Plus précisément au large de la petite plage appelée Rocher. A cette heure Yobouet et Moussa s’appliquent à enlever les ordures qui jonchent l’espace sableux. « Chaque jour, il faut faire le même travail. Les sachet plastiques et beaucoup d’autres ordures viennent se rassembler ici », explique le jeune homme. Grace à cet espace qui accueille chaque semaine des friands de jeux de mer, Yobouet arrive à subvenir à ses besoins. « Les bains ici ne sont pas payants. Mais certains me soutiennent pour l’entretien que je fais à la plage ».

Mais le jeune homme trouve le travail souvent fastidieux puisqu’en plus des déchets « qui viennent par la lagune », certains riverains viennent déféquer au bord de la mer. Il se réjouit de la construction d’une longue clôture aux abords du canal. « Les travaux sont en cours. Dans deux ou trois semaines, les gens n’auront plus accès au canal de Vridi », confie un agent portuaire rencontré à la vigie…

                                                        Un défi

La protection du littoral ivoirien contre toutes les formes de pollution est un vrai défi. Et les autorités ivoiriennes en ont bien pris la mesure tâche et entendent contribuer activement à l’atteinte de l’objectif 14 de Développement durable (ODD). Lequel invite à « conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable ».

A l’occasion de la célébration de la Journée mondiale des Océans (JMO), ce 8 juin 2021, le ministre de l’Environnement et du développement durable a rappelé les efforts du gouvernement pour protéger le littoral ivoirien, long de 566 kilomètres. Depuis le village côtier d’Ahua dans la commune de Jacqueville, Jean-Luc Assi, accompagné du directeur du Centre ivoirien anti-pollution (CIAPOL), a révélé l’arsenal mis en place pour protéger l’espace marin. « Au niveau législatif et réglementaire, on peut mentionner la Loi N° 2017-378 du 02 juin 2017 relative à l’aménagement, à la protection et à la gestion intégrée du littoral. Cette loi permettra, entre autres, de créer une Agence Nationale de Gestion Intégrée du Littoral, ANAGIL, et d’élaborer un Plan d’Aménagement et de Gestion du Littoral Ivoirien ».

                                           Un arsenal juridique notable

Le colonel Martin Niagne Dibi, DG du CIAPOL au cours de son allocution à Ahua.

Depuis mars 2021, dans le cadre du Programme de gestion du littoral ouest africain (WACA), l’Etat ivoirien a organisé des concertations dans toutes les régions côtières du pays, en vue de faire un état des lieux et une analyse de la stratégie de gestion de la zone ivoirienne.  M. Assi indique qu’un Programme national de gestion de l’environnement côtier est en cours de mise en œuvre depuis 2015. « Ces dispositifs connaissent une mise en œuvre progressive avec le projet d’ouverture de l’embouchure de Grand-Bassam inscrit dans le cadre de la Convention Côte d’Ivoire-Maroc ». 

L’autre grand pan de l’action de l’Etat pour protéger son littoral, réside dans la prévention. Notamment des pollutions maritimes de grande envergure. Sur ce point le ministre évoque le Plan POLLUMAR, un plan d’urgence coordonné par le CIAPOL. « Il vise à une prise en charge efficiente en cas de déversement d’hydrocarbures en milieu marin. Des exercices de simulation sont réalisés chaque année pour tester et améliorer le dispositif », a assuré Jean-Luc Assi. L’édition de cette année de ces exercices de simulation s’est déroulé ce mercredi 9 juin à Abidjan-Plateau. Cette année, le scénario mettait en scène un navire de type Tanker Panamax, transportant 50 mille tonnes d’hydrocarbures qui entre violemment en collision avec une plateforme pétrolière abandonnée. L’incident qui se déroule à 35 kilomètres des côtes cause un déversement de 20 tonnes d’hydrocarbures. Un Plan POLLUMAR déclenché avait permis de circonscrire la ‘‘catastrophe’’.

                       CIAPOL en alerte avec le Plan POLLUMAR

« Ces d’exercices nous permettent de noter les difficultés qu’on pourrait rencontrer en cas de situation », se félicite le coordonnateur de l’opération fictive, le colonel Martin Niagne Dibi. Dans la perspective de rendre plus efficiente les mesures de protection du littoral, un rapport est élaboré par le CIAPOL. Ce document, annoncé par le colonel Naigne Dibi, est dénommé Rapport sur l’état de l’environnement marin et côtier de Côte d’Ivoire (REEMCI). Il renferme des données fiables pour conduire la stratégie de gestion des zones côtières. « Articulé autour de 8 principaux chapitres, ce rapport traite des pressions et des impacts des activités entropiques qui affectent directement la qualité environnementale des eaux marines et côtières », a révélé le patron du CIAPOL. La célébration de la Journée mondiale des Océans a été l’occasion pour le gouvernement d’inviter les populations côtières à s’investir dans la protection du littoral. « Nous devons impérativement prendre des engagements et des initiatives qui répondent à ce slogan ‘‘Pour notre survie, protégeons notre océan’’ », a  plaidé Jean-Luc Assi, devant les populations d’Ahua.

Ténin Bè Ousmane

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