Publié le 29 juin, 2020

L’infertilité est source de plusieurs conflits dans les couples. La médecine aujourd’hui propose plusieurs méthodes de fécondations artificielles notamment la Fécondation in vitro (FIV) et l’insémination.

« 15% de patients en consultations viennent pour des cas d’infertilité. Les causes masculines et féminines sont estimées à 30% de part et d’autre, tandis que 40% sont des causes à multiples facteurs », affirme Dr Clément Oussou, spécialisé en fertilité, biologie et médecine de reproduction en vidéo chirurgie dans une clinique de la place.  Cette clinique est spécialisée dans le domaine de la procréation en Côte d’Ivoire.

Le Professeur Ana Toure Ecra, chef de service de gynécologie, d’obstétrique, ambulatoire femme et assistance médicale à la procréation de l’Hôpital Mère-Enfant de Bingerville explique la prévalence chez l’homme. « L’infertilité chez l’homme est généralement due aux troubles du spermogramme. Une étude scientifique démontre aujourd’hui que les paramètres du spermogramme se sont altérés d’une valeur approximative de 50% par rapport aux 30 années passées. Même chez l’homme fertile, le spermogramme varie chaque mois », indique la spécialiste qui compte, selon elle, plus de 50 patients en ce moment, 28 juin 2020.

Chez la femme, les causes sont entre autres la ménopause précoce, l’endométriose, l’obstructions ou lésions des trompes de Fallope, l’anomalies de l’utérus et du col de l’utérus ou troubles ovulatoires.

Ces cas d’infertilité dans les couples engendrent de nombreux inconvénients. En Côte d’Ivoire, l’ONG “Espérance maternité’’ a enregistré 3 cas de divorces, deux cas de suicides dont l’un à Abengourou et l’autre au Burkina-Faso en 2018. Sa présidente, Marie Kipré, a mentionné en plus, plusieurs cas de dépression. « Les cas de dépression, on n’en parle pas. Ils sont légion », a-t- elle fait remarquer. Il s’agit d’un trouble mental courant, caractérisé par la tristesse, la perte d’intérêt ou de plaisir, des sentiments de culpabilité ou de faible estime de soi, des troubles du sommeil ou de l’appétit, d’une sensation de fatigue et d’un manque de concentration.

Les méthodes artificielles

La médecine offre aujourd’hui des méthodes artificielles de procréation en guise de réconfort. Ces méthodes sont pratiquées dans des centres médicaux spécialisés tels que l’Hôpital-Mère Enfant de Bingerville et certaines cliniques dont Procréa. « Il existe deux catégories d’assurance médicale à la procréation : la Fécondation in vitro (FIV) sans ou avec don de gamètes, et l’insémination artificielle avec spermatozoïdes du conjoint ou non », explique le Dr Clément Oussou. Cette méthode consiste à reproduire la fécondation d’un ovule par un spermatozoïde pour obtenir un embryon en laboratoire.

Mariam (nom d’emprunt)., la trentaine, l’a expérimenté. Aujourd’hui, elle est mère deux enfants. Des jumeaux ! « La jeune dame a du passé cette étape de procréation car son époux était infertile. « Quel que soit le problème d’infertilité dans le couple, l’intervention finale se fera sur la femme », explique Ana Toure Ecra.

Soumis à certaines analyses à l’issue desquelles une procédure devrait être entamée, l’Hôpital s’est rendu compte que la qualité des spermatozoïdes de l’époux de Mariam était très mauvaise. Donc inexploitable. « On lui a proposé un don de sperme, il a accepté on a pratiqué la FIV et cela a bien fonctionné », se félicite la spécialiste. Le sperme donné est généralement fourni par le centre de santé qui dispose d’une banque de sperme. Une institution qui collecte et stocke le sperme humain provenant de donneurs anonymes. Selon la coordonnatrice adjointe des activités assistance médicale à la procréation et sagefemme, Gogbé Doussou,  « le pourcentage de réussite par la méthode naturelle est la même que la FIV ». 

De grand frais

L’insémination artificielle, seconde méthode de procréation artificielle, consiste à faire de la reproduction assistée. C’est à dire placer du sperme dans l’utérus sans qu’il y ait de rapport sexuel. L’on parle d’IAD lorsque le sperme provient d’une banque du sperme.

Pour bénéficier de ces remèdes, il faut bien la main à la poche. Les prix varient selon les structures sanitaires.  A L’Hôpital Mère-Enfant de Bingerville, la FIV est fixée à 1 millon200 000 FCFA, et l’Insémination coute 350 000FCFA. Si l’une de ses interventions nécessite un don de sperme, il faudra en plus 50 000 FCFA.

A la clinique Procréa, la prise en charge sanitaire de l’insémination artificielle est comprise entre 250 000 FCFA et 300 000 FCFA et 1 500 000FCFA et 1 800 000FCFA pour la FIV. Ces prix ne tiennent pas compte des médicaments. Ces coûts élevés se justifient selon les praticiens. « Les intrants qui entrent en ligne de compte dans la prise en charge sont chers. Les milieux de culture et de conservation des embryons, le matériel qui est très délicat sont coûteux. Il y a aussi les taxes, les impôts. Et comme nous sommes le seul centre à en faire tous les jours, les différentes charges sont reparties et cela revient cher à la patiente », explique Dr Ossou Clément. Et de poursuivre par un exemple comparatif : « Le réactif pour faire le test d’un examen de sang pour rechercher un paludisme ne coûte rien du tout parce que tous les centres de santé de Côte d’Ivoire l’utilise. Chez nous ce nous sommes pratiquement seul. C’est la loi de l’offre et de la demande ».  Outre ces méthodes de procréations artificielles, les couples qui ne trouvent pas d’enfants peuvent aussi opter pour l’adopter. Il suffit d’en faire la demande….

Marina Kouakou

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