Frais de composition : racket subtile ?

 

En Côte d’Ivoire, les parents d’élèves continuent de se plaindre de frais indus. Malgré l’interdiction de frais annexes par les autorités éducatives, certains acteurs de l’école usent de subterfuges pour soutirer des frais. On parle même souvent de frais de composition, exigibles avant toute évaluation.

L’école est-elle encore gratuite ? Certains parents d’élèves continuent de se plaindre d’être victimes de rackets dans certaines écoles primaires… Les frais annexes sont notamment composés de T-Shirt, COJEP, visite médicale de frais de composition… Ils diffèrent selon les établissements et les besoins. Selon les acteurs du système éducatif, des frais de composition sont même établi dans certaines écoles d’Abidjan. Ils s’élèvent le plus souvent à 2000 FCFA, sont exigés pour faire face aux dépenses afférentes aux compositions (ram de papier, photocopie).  Les parents qui ne peuvent s’acquitter des sommes demandées voient leurs enfants exclus des compositions ou alors, « ils ne peuvent retirer les bulletins », confie Yohanne S, élève d’un groupe scolaire sis à Abobo. Des chantages en quelques sorte.

Ce que déplore S. F, parent d’élève.

« A l’instar des années précédentes, j’ai remis la somme de 2000 FCFA à mon fils pour les frais de composition scolaire. Sinon, il ne sera pas évalué. Ce n’est pas normal. Depuis des années nous payons cette somme sans savoir véritablement a quoi elle sert. Le comble on ne reçoit pas de reçu », témoigne, ce parent dont l’enfant est inscrit dans un groupe scolaire de la commune d’Abobo.

Lorsque la ministre de l’Education nationale Kandia Camara invitait les parents d’élèves à s’impliquer dans la gestion des établissements en 2018, elle avait tout de même rappelé « que les frais annexes payés à l’école et leur utilisation sont fixés par les parents d’élèves eux-mêmes », à travers les Comité de gestion des établissements scolaires (COGES).

Des parents témoignent qu’ils s’acquittent de ces paiements sans véritables informations. S’ils n’en demandent pas, c’est bien pour éviter des répercussions sur leurs enfants. Albertine S, un autre parent d’élèves, le confirme.  « Je ne suis pas contente. Mais que puis-je faire, si ce n’est payer sans broncher ? Je considère cela comme un sacrifice pour la réussite de mes enfants. Lorsque nous échangeons entre parents d’élèves, je me rends compte qu’on a la même préoccupions », dit-elle.

A qui la faute ?

Interrogés pour en savoir davantage les acteurs du système éducatif (Directeurs, enseignants) et même les élèves, reconnaissent l’existence de ces frais annexes, seulement, elles indexent l’inspection. « Nous appliquons l’ordre de la hiérarchie. Ce n’est pas à notre niveau », confie un directeur qui a requis l’anonymat.

Apie Audrey (stagiaire)

 

 

 

 

 

 

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