Il est titulaire d’un diplôme universitaire de technologie (Dut) obtenu sur le sol ivoirien. Le Dut en poche il a fait une spécialité en cosmétologie. Cela lui a pris trois années en Belgique. Kouakou David ne ménage aucun effort depuis 1999 pour faire connaître la cosmétologie. Et ce, à travers la mise en place et l’exécution de différents projets. Notamment le projet « shampoing médical ».
Qu’est-ce que la cosmétologie ?
Quand on parle de cosmétologie on fait allusion à la beauté corporelle qui utilise des produits cosmétiques pour atteindre son objectif comme le fait la médecine avec les médicaments. La cosmétologie est donc la science qui étudie la beauté corporelle.
Quelles en sont ses différentes branches ?
Il existe trois grandes branches d’étude en cosmétologie. La première qui se rapporte à la pilosité (les poils) est appelée cosmétologie pilaire. Celle qui étudie les cheveux (une particularité des poils) est appelée cosmétologie capillaire. La seconde branche d’étude en cosmétologie se rapporte à la peau. Nous étudions seulement la partie épidémique c’est-à-dire l’épiderme. La science qui étudie la partie épidémique du corps est appelée cosmétologie cutanée. La dernière branche d’étude en cosmétologie tourne autour des phanères (ongles). On parle donc de cosmétologie unguéale.
Pourquoi avez-vous décidé de pratiquer ce métier ?
J’ai embrassé ce corps de métier par vocation, par mission et par passion. En effet, étant jeune j’avais à cœur d’exercer un métier se rattachant à l’être humain. Dans la quête de formation se rapportant à l’étude de l’être humain, j’ai découvert que par méconnaissance de cette science la beauté africaine s’est dénaturée à 90%. Donc la volonté d’aider la population, à trouver des solutions au problème des cheveux reste aussi une motivation principale.
Quelles sont les actions mises en place pour la réussite de votre mission ?
Les actions mises en place sont la conception de projet de cosmétologie et leurs exécutions.
Sur quelle branche repose vos différents projets ?
Depuis longtemps j’ai commencé par la partie capillaire. Quand on parle de cheveux il faut comprendre qu’il y a deux grandes professions qui s’y rattachent. Notamment, la coiffure (embellissement de cheveux) et les maladies de cheveux. La science qui étudie les maladies de cheveux, des poils de manières générale, est appelée trichologie. C’est cette science que j’essaie de développer à travers différents projets au sein de mon entreprise dénommée « Savon ivoire ».
Quels sont les projets que vous avez déjà exécutés.

Le premier projet était « Coiffure médicale ». Après avoir mené des études j’ai constaté que la plupart des coiffeurs et coiffeuses sont formés sur le tas. Résultat, le volet médical des cheveux n’est pas une priorité pour eux. C’est dans ce contexte que j’ai mis en place ce projet en vue de les recycler et leur permettre de renforcer leurs capacités au niveau santé de cheveux. Le second projet intitulé « Projet CKC » (clientèle et kit capillaire) visait à conclure des partenariats avec des clients (coiffeurs/ coiffeuses) en vue de les former sur la technique d’identification du type de cheveux pour un traitement adéquat à travers notre kit capillaire. Le troisième projet en exécution s’intitule « Shampoing médical ».
Qu’en est-il du projet en cours d’exécution
Le projet Shampoing médical vise à faire comprendre aux coiffeurs et/ou coiffeuses qu’avant de proposer un produit à un client il faut tout d’abord identifier son type de cheveux. Quand on connaît le type de cheveux on peut en ce moment lui montrer le shampoing qu’il peut utiliser. On peut lui donner aussi la fréquence d’utilisation du shampoing. Nos études révèlent que les problèmes de cheveux sont liés à la mauvaise utilisation de trois produits. Outre le shampoing, il y a la teinture et les défrisants. A cet effet nous avons conçu un kit de traitement capillaire.
Quelles sont les composantes de ce shampoing
Nos produits sont conçus avec les ingrédients de base du shampoing. À cela s’ajoutent des ingrédients de traitement formulés par notre laboratoire. C’est un shampoing qui fonctionne dans un kit capillaire composé d’un shampoing, de son après-shampoing, de l’huile et d’une crème pour faire le massage. Le kit est vendu au prix de 15000 Fcfa. Ils sont adaptés à tout type de cheveux.
Vos produits peuvent-ils résoudre les problèmes de cheveux à 100% ?
Ces produits ne peuvent pas résoudre le problème de cheveux à 100%. Les produits interviennent à 50% et à cela s’ajoute un massage capillaire (MC) qui intervient aussi à 50 %. Donc pour un bon résultat il faut associer les deux pour atteindre les 100 %. Il faut donc, non seulement acheter les produits et se faire masser les cheveux par un trichologue.
Où peut-on se procurer le kit ?
Mon souci n’est pas de vendre un produit mais de résoudre un mal pernicieux. J’ai mis en place une stratégie d’approche qui consiste à travailler avec des partenaires que sont les coiffeurs et coiffeuses. Mes produits sont donc disponibles dans tous les salons de coiffure partenaires. Une personne lambda ne peut pas avoir accès à mes produits parce que ce dernier n’a reçu aucune formation sur l’entretien de cheveux. Les salons partenaires, oui. Ma politique est de régler les problèmes de cheveux, mais dans un cadre de partenariat. C’est pour cela que je collabore avec les coiffeurs sinon je ne suis pas coiffeur.
Pourquoi traiter avec les coiffeurs ?
Les coiffeurs parce qu’ils sont en contact direct avec les cheveux. Donc j’utilise leur canal pour pouvoir véhiculer mon message. Quand je rencontre des coiffeurs et des coiffeuses qui épousent mes idées, je n’hésite pas à conclure un partenariat avec eux.
Vos produits sont-ils recommandés des enfants à bas-âge ?
Il est strictement interdit aux enfants non pubères. À cet âge-là l’enfant continue de se développer donc la pousse de cheveux se fera progressivement. En dehors des enfants, ces produits peuvent être utilisés par tout le monde. Mais toutes personnes désireuses d’utiliser ces produits doivent au préalable faire une consultation dans un salon de coiffure partenaire pour sa prise en charge. Après avoir fait une consultation.
Parlez-nous du projet « Shampoing médical » ?

Dans le monde plusieurs personnes souffrent de problèmes de cheveux parce que la cosmétologie n’est pas connue. Mon objectif premier est de développer cette science qu’est la cosmétologie et la faire connaître à travers le monde. J’aimerais que la population sache que la beauté à sa science. Elle se doit de connaître son mode de fonctionnement pour éviter les anomalies de cheveux, de peau et d’ongle.
Qu’en est-il de la rentabilité
En réalité, dans chaque salon de coiffure il doit avoir un service de trichologie (service qui s’occupe de l’étude des cheveux). À ce jour, nous avons reçu plus de 60 clients. Ce secteur est très rentable et pourvoyeur d’emploi. Partout dans le monde les populations sont malades des cheveux.
Quels sont les obstacles auxquelles vous êtes confrontés ?
La réelle difficulté liée à ce combat est qu’en général les coiffeurs sont formés sur le tas. Ceux-ci ignorent que pour exercer ce métier il faut se former. D’où leurs réticences à la présentation de ces projets. D’autres ne t’écoutent même pas. Il y en a qui acceptent le projet mais, ils ne manifestent aucun engouement pour comprendre le projet en lui-même.
Quels sont les moyens que vous utilisez pour pérenniser et réussir ce combat ?
Je fais les publicités avec mes moyens de bord. Je suis moi-même mon propre commercial. Il me revient donc de prospecter auprès des salons de coiffure et leur parler de la cosmétologie. Il est regrettable de constater que par méconnaissance de la cosmétologie, la beauté africaine s’est dénaturée à 90%. Pour cela, je veux faire connaître cette science à travers le monde. L’écoulement de la marchandise passe en second plan.
Interview réalisée par Grace Djazé et Syntyche Dié (stagiaire)