Publié le 22 mai, 2020

Regroupées au sein du Réseau des femmes artisanes de Côte d’Ivoire (REFACI), une trentaine de femmes entrepreneures ont ouvert la première édition du Marché International des Artisanes (le MIA), du 04 au 08 mars 2020, à l’Université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan.

Elles ont été chanceuses. Le coronavirus n’a pas influencé la tenue de la première édition du Marché international (MIA), ouvert du 4 au 8 mars 2020, à l’Université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan-Cocody. Une semaine avant que la Côte d’Ivoire ne connaisse son premier cas de covid-19, le 11 mars.
Durant une semaine, la trentaine de créatrices, membres du Réseau des femmes artisanes de Côte d’Ivoire (Refaci) a exposé leur savoir-faire dans presque tous les domaines : couture, coiffure, agro-alimentaire, ébénisterie, accessoiristes, perlières, etc. Elles proposaient, à la panoplie de clients, différents modèles de produits tendances : perruques, chapeaux et pochettes, chaussures ou boucles perlées, tenues vestimentaires, aliments transformés et conditionnés, produits naturels d’hygiène intime et corporelle, etc. « Nous avons organisé le marché international qui est une plateforme qui regroupe toutes les femmes artisanes de plusieurs domaines, en vue de valoriser les savoir-faire à la population », a expliqué Nina Bouabré, la présidente de l’événement.

La danse « Zaouli» et le pagne « kamandjê », à l’honneur au MIA
La promotion de la culture ivoirienne était au programme. Pour cette première édition, accent a été mis sur la culture Dan (l’ouest de la Côte d’Ivoire) avec la danse « Zaouli» et la promotion du pagne « Kamandjê » symbole de l’identité du peuple Gouro du centre-ouest.
Le Zaouli ou « Djela Lou Zaouli » est une danse de réjouissance créée dans les années 1950 dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. Il est fortement associé à la culture et aux rôles de la femme dans la société Gouro en particulier. La légende raconte que le Zaouli est l’histoire d’une jeune fille dont la beauté faisait rêver et qui, malheureusement, mourut très tôt au grand désarroi de sa famille. C’est alors qu’affligé par la douleur, son mari sculpteur décida de la faire renaître. Il sculpta si bien le visage de son épouse dans du bois que les gens avaient l’impression de revoir Djela Lou Zaouli revenir à la vie.
Dansant avec prestance, finesse et jovialité lors d’événements, le Zaouli ou Djela Lou Zaouli se veut comme identité culturelle incarnant la beauté de la vraie femme ivoirienne.
Le Zaouli est certes un masque au visage de femme mais est porté par un homme.

Le Kamendjê ou « Kaà man djê », quant à lui, est une étoffe ou pagne à grande valeur culturelle chez les Gouro. Il signifie « polissons-le/la », « nettoyons-le/la », « bichonnons-le/la. Il est une quête absolue du beau, du raffiné et surtout de l’équilibré.


Malgré la faible affluence à cette première édition du Marché International des Artisanes (MIA), les participantes sont restées motivées et ont assuré l’ambiance du village artisanal jusqu’au dernier jour : le 08 avril. La clôture du MIA à cette date du 08 avril, marquant la journée internationale de la femme, a été un choix raisonné par le REFACI pour rendre mémorable leur initiative qui deviendra coutume. Nina Bouabré et ses pairs artisanes espère réussir la prochaine édition et mobiliser des participants du monde entier. En espérant que le coronavirus, qui a fait annuler ou reporter tant de grands événements cette année, soit vite vaincu.
Clémentine Silué.

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