
L’artiste célèbre la diversité musicale ivoirienne. Soro N’gana est un artiste musicien, créateur du « Yatchana ».
« Le Yatchana signifie que je maîtrise plusieurs instruments. C’est une musique sélectionnée, agréable à l’oreille, audible et riche en messages qui conseillent et élèvent les populations », a expliqué le musicien. Soro N’Gana est le pionnier de la musique traditionnelle sénoufo et créateur du « Yatchana ». Une musique porteuse de valeurs et de conseils sociétaux.
Ferronnier de formation, Soro N’Gana a débuté à jouer à la guitare en 1974 et son premier disque est sorti en 1980 suivi de son premier album en 1984. Il s’est illustré par la création et la modernisation du Yatchana, un genre dédié à la promotion de la culture sénoufo.

« Cet album a prouvé au peuple Sénoufo qu’on pouvait chanter en langue sénoufo. A partir de cet album mes frères se sont intéressés et cela m’a encouragé à continuer », affirme le natif de Nangakaha, village situé à quelques kilomètres de Korhogo.
Soro N’Gana, artiste compositeur, interprète et producteur devient l’icône de cette région de la Côte d’Ivoire.
Soro N’Gana a eu du mérite et a été courageux. « J’ai été le premier musicien ivoirien qui s’est autoproduit en 1980 et qui s’est distribué parce que la distribution avait refusé de la faire. Je l’ai fait moi-même et cela a été un succès », se souvient le ferronnier artiste.

L’artiste relève un triste état. « Je sens que mes frères Sénoufo n’épousent pas cette musique tradi-moderne que nous faisons. Ils préfèrent écouter ce qui est importé. Qu’ils sachent que nous défendons la cause de la culture Sénoufo. Il est important de s’intéresser à sa culture », remarque Soro N’Gana, la mort dans l’âme.
Interrogé sur la musique ivoirienne contemporaine, le septuagénaire a reconnu qu’elle occupe une bonne place. « Chaque époque a sa musique. L’art est par essence évolutif et multidimensionnel », estime Soro N’Gana et d’affirmer qu’on ne peut pas finir d’écrire l’art.
Sékongo Naoua
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