
La filière cacao en Côte d’Ivoire est fortement déstabilisée par une chute brutale des cours.
Premier producteur mondial, la Côte d’Ivoire fait face à une crise de commercialisation de son cacao. Le secteur est presqu’à l’arrêt. Des stocks importants de fèves sont bloqués dans les entrepôts et des exportations sont au ralenti. « Le système de stabilisation est resté résilient. Mais l’effondrement continu du prix du cacao sur le marché international nous oblige à faire un réajustement », expliquait Bruno Koné, ministre de l’Agriculture.
Les autorités ivoiriennes ont réduit le prix du cacao payé aux producteurs. Le prix bord champ de la campagne intermédiaire (mars 2026) a chuté de près de 60 %, passant de 2 800 FCFA à 1 200 FCFA le kg. Les producteurs sont entre étonnement et incertitude. Un niveau historique. En un an, les cours mondiaux du cacao ont chuté de manière drastique.
La filière cacao en Côte d’Ivoire traverse une vraie crise. Chute des prix, stocks bloqués et producteurs fragilisés, la situation s’aggrave. Si bien que les tensions montent. Le Conseil café cacao est devant un fait accompli. Et certains acteurs de la filière menacent de faire grève.
En fait, les cours mondiaux du cacao se sont effondrés ces derniers mois. La raison à des incertitudes sur la production en Afrique. L’année 2025 a été très compliquée, liée au dérèglement climatique et aux maladies du cacaoyer. Cela a entraîné une baisse de la production, des ventes et de la demande. Entraînant une hausse des prix sur le plan international. À tel point que les négociants internationaux refusent d’acheter à ces prix élevés.
Le constat est amer. Depuis quelques semaines, des milliers de tonnes de cacao s’accumulent dans les coopératives et les principaux ports du pays. Certains planteurs essaient d’écouler leur cacao au rabais ou finissent par détruire leurs stocks.
Des voix se lèvent pour décrier le processus de commercialisation. En Côte d’Ivoire, c’est l’État qui fixe le prix du cacao. C’est aussi lui qui organise la commercialisation via des coopératives, des acheteurs locaux et des exportateurs. Un marché qui fonctionne par anticipation. L’État vend une grande partie de son cacao aux acheteurs avant la récolte, puis fixe les prix.
Naturellement il peut arriver qu’au moment de l’ouverture de la campagne les cours mondiaux soient différents du prix fixé par l’Etat. Cela envoie des grincements de dents surtout quand il y a un écart important au détriment des planteurs.
Sékongo Naoua
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